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Petite Planète

Voyages et transition nomade

Le festival du feu de Kurama, le piège

Le soir du Jidai Matsuri a lieu le festival du feu dans le petit village de Kurama, au nord de Kyoto.

Nous avions lu pas mal de commentaires négatifs mais nous nous y sommes aventurés quand même, pour voir si c’était aussi terrible que ce qu’on nous annonçait. Bilan mitigé.

Il n’y a qu’une ligne de train pour arriver à Kurama, et le terminus à Kyoto est pris d’assaut. Au moins une heure d’attente vu la taille de la file, à laquelle nous avons échappé en allant à pied jusqu’à la station d’après 😀
Impossible d’échapper à la foule à partir du moment où on est monté (avec difficulté) dans le train. A chaque arrêt suivant, des employés de la compagnie crient des excuses en japonais et poussent comme des brutes pour faire entrer quelques personnes de plus et fermer les portes. Je ne pense pas avoir déjà vu ça, même par jour de grêve de la RATP.

Arrivés à Kurama vers 17h, il y a déjà énormément de monde, alors que les premiers buchers ne sont allumés qu’à 18h. C’est un tout petit village de montagne – au milieu d’une superbe vallée boisée – avec une rue principale, celle où défileront les porteurs de torches.

La police, nombreuse, munie de rubans jaunes, de batons lumineux et de mégaphones, organise une sorte de circuit le long de la rue principale, puis retour à la gare par les jardins derrière les maisons. Les visiteurs innocents qui ont le malheur de s’engager dans le circuit trop tôt ne peuvent pas s’arrêter ou faire demi-tour, et se retrouvent deux heures plus tard au point de départ sans avoir vu la moindre flammèche…

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Nous attendons donc au maximum avant de nous engager dans la nasse, et réussissons à bien profiter du spectacle, surtout qu’à un moment, la police emmêlée dans ses rubans oublie de nous faire tourner, et nous nous retrouvons libres de nos mouvements, aux premières loges, pendant un bon quart d’heure.

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Les habitants n’ont pas l’air gêné par la foule de curieux, et arpentent la rue dans les deux sens avec leurs torches, bébés dans les bras et bambins qui marchent à peine mais veulent tenir la torche. C’est visiblement un évènement familial joyeux. Mais au fait, pourquoi ? Demandons à Vivre le Japon :

L’ancienne capitale Heian, actuelle Kyoto, en proie aux guerres de clans, subit en 940 un violent tremblement de terre. Afin de protéger la capitale de nouveaux désastres, l’empereur décida de transférer le sanctuaire de la divinité Yuki Myojin, protectrice de la cour impériale, à Kurama, plus au nord. Le nord était alors considéré comme la porte d’entrée des démons et autres esprits malfaisants. Des feux auraient été allumés sur la route par les habitants, afin d’éclairer le passage de la divinité et accompagner la procession impériale.

Sans plus attendre… feu !

Il faut reconnaître que c’est assez spectaculaire. Par contre, une fois revenus dans le circuit balisé, hors de la zone du festival, le retour est trèèèès long. Imaginez des milliers de personnes qu’on essaie de canaliser, quasiment dans le noir, entre le jardin de M. Tanaka et la petite rivière, parfois à la file indienne. Arrivés à la gare, petit serpentin façon parc d’attraction avant de pouvoir monter dans le train, et retour presque aussi tassé qu’à l’aller.

Au final, est-ce que ça valait la peine de supporter une telle foule et de faire autant la queue ? Pas sûr. Et surtout, au-delà de la frustation du touriste qui a perdu une soirée et le prix des billets de train pour ne rien voir (ou ne ramener que quelques photos floues !), le principal problème de ce festival, c’est quand même la sécurité.

Reprenons un instant les ingrédients de cette affaire : nous disions donc, des milliers de personnes, quasiment dans le noir, sans échappatoire, avec de beaux goulets d’étranglements, et au milieu, des bûchers et des torches enflammées… sérieusement, il n’y a que moi qui voit venir le désastre ? Un porteur de torche trébuche, un vêtement prend feu, tout le monde recule, mouvement de foule, panique, visiteurs piétinés…

Bref, je déconseille, on doit pouvoir trouver des vidéos meilleures que les miennes sur Youtube. Je vous laisse quand même avec mes photos floues :

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