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Petite Planète

Voyages et transition nomade

Un accueil privilégié

Nous avions rendez-vous lundi matin avec Takako, une amie de nos propriétaires, qui habite tout près, pour une "exchange lesson" : Takako apprend l'anglais, j'apprends le japonais, nous passons un moment ensemble et essayons de discuter pour nous améliorer chacune dans une langue, voilà le principe de départ. Les Japonais ont la réputation d'être des gens plutôt réservés, je m'attendais donc à ce qu'on discute une heure et qu'on prenne rendez-vous pour la semaine suivante.

Et bien, pas du tout, on a passé toute la journée avec elle et sa petite fille (qui n'a pas école en ce moment). Notre nouvelle amie est en effet très chaleureuse, curieuse de nos habitudes exotiques, et se sent apparemment investie d'une mission : faire en sorte qu'on se sente bien accueilli au Japon. Dans son esprit, puisqu'on a pris la peine de venir si loin, il faut qu'on profite pleinement de l'expérience.

Quand à sa fille, elle ressemble à toutes les petites filles de notre entourage: elle est timide les 5 premières minutes, puis elle prend d'assaut la maison. Elle aime les princesses, elle a toute la panoplie de la Reine des Neiges, elle danse pour faire tourner sa robe, et elle piaille jusque dans les ultra-sons quand on joue à cache-cache.

Pendant que Takako et moi entamons comme prévu une conversation hâchée en japanglais, elle recrute hardiement mon compagnon (aucune petite fille n'a jamais résisté à son charme taciturne) pour bâtir une tour en petits légos. L'occasion pour lui de réviser les chiffres (pour compter les briques) et les deux mots essentiels de la construction : doko? (où) et koko (ici).

Notre conversation avec Takako est loin d'être aussi fluide. Elle me fait réviser les kanjis de sa fille (niveau CP). Comme son niveau d'anglais est comparable à mon niveau de japonais, nous sommes obligées toutes les deux phrases de demander de l'aide à Google Traduction (heureusement qu'il est là, et je ne dis pas ça tous les jours).

Après ces efforts, tout le monde à vélo, Google Traduction dans la poche, et nous allons déjeuner dans un minuscule restaurant où nous ne serions jamais rentrés sans elle, d'abord parce que de l'extérieur on dirait une épicerie en liquidation, et puis parce que même si on identifie qu'il s'agit d'un restaurant, il n'y a pas de photos sur le menu, ni de plats en plastique qu'on pourrait montrer du doigt. Repas complet excellent pour moins de 5€ par personne.

Ensuite, courses dans quatre magasins différents (dont une pâtisserie "française", où on nous présente la pâtissière qui a fait son apprentissage à Lyon 🙂 pour acheter les ingrédients du cours du cuisine de l'après-midi, ainsi que quelques ustensiles apparemment indispensables – je ferai prochainement un article sur les accessoires curieux qu'on trouve dans les maisons japonaises.

Retour à l'appartement, café, goûter avec les pâtisseries, puis Takako et moi à la cuisine, pendant que nos bâtisseurs entament leur deuxième tour de Tokyo. Et oui, il y en avait deux, une pour la petite et une pour nous à garder en souvenir 😀 Au point où nous en sommes, elles restent dîner (apparemment le mari travaille tard). J'avais suggéré quelquechose de simple pour mes débuts en cuisine japonaise, juste une petite soupe miso, et voici le résultat : soupe miso aux coques et aux champignons, salade de radis, une sorte de maki bambou-surimi-concombre, de la viande et de la pomme de terre façon croquetas espagnoles, et bien sur, un bol de riz au cas où on aurait faim.

Simple dîner japonais

Le lendemain, je reçois un mail de Takako, qui me dit qu'elle a préparé des "udon" (des grosses nouilles) pour le dîner, mais qu'elle en a fait trop, est-ce qu'on en voudrait un peu? Oui bien sûr avec plaisir. Là, malentendu culturel, celà voulait apparemment dire "mangeons ces udons ensemble ce soir!", ce que nous comprenons quand elles arrivent toutes les deux à 18h avec les udons, leur bouillon, du riz pour faire des onigiris et que la petite déballe un puzzle. Takako a aussi apporté une autre soupe pour le jour d'après, et tout un stock de différentes sauces qu'elle nous offre (notre cuisine sous-équipée lui a fait de la peine). Nous qui ne mangions jusque là que des nouilles sautées, des plats tout prêts à réhydrater et du riz à la sauce soja (deux kilos et 300 millilitres respectivement la première semaine), nous sommes prêts à les accueillir tous les soirs 🙂

Nous n'avons jamais reçu un tel accueil lors de nos voyages précédents, mais nous ne sommes jamais restés aussi longtemps, peut-être que c'est ça qui fait la différence? Pourquoi prendre la peine de faire connaissance avec quelqu'un qui sera parti la semaine prochaine? Trois mois, c'est autre chose.

Prochains rendez-vous: un festival dimanche, avec défilé en costume entre les deux principaux temples de la ville, puis bien sur le traditionnel pique-nique sous les cerisiers. Entre temps, nous voudrions leur proposer un atelier cuisine française, peut-être avec des crêpes (puisque j'ai l'autorisation de partager la recette familiale 😉 Si vous avez des idées de recettes traditionnelles mais simples (attention, on n'a pas de four!), n'hésitez pas à les proposer en commentaires.

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