Iga-Ueno était au programme initial de notre tout premier séjour au Japon, en 2013, mais nous n’avions jamais réussi à la caser dans un circuit, pour la bonne raison qu’elle est un peu au milieu de nulle part 😀

Cette fois, nous nous sommes décidés à affronter l’épreuve du voyage en train et sommes parvenus à destination ! Mais pourquoi donc une épreuve ? (Si le train ne vous intéresse pas et que vous êtes là uniquement pour les ninjas, cliquez ici).

Quelques mots sur les voyages en train au Japon

Les trains japonais ont très bonne réputation à l’étranger, pour plusieurs bonnes raisons, mais on ne sait pas toujours que le réseau est très complexe. En plus de la compagnie nationale JR (Japan Rail), il existe une myriade de compagnies privées qui ont leurs propres voies, des gares séparées et bien sûr une tarification indépendante.

Avec un peu de préparation, on s’en sort très bien, voici par exemple l’itinéraire que j’avais repéré pour aller à Iga-Ueno, sur l’inestimable site (en anglais !) Hyperdia.com :

itineraire iga ueno

Comme les trains partent toujours des mêmes quais et sont extrêmement ponctuels, pas de surprise ! Il suffit de suivre l’itinéraire.

Là où ça se corse, c’est quand on essaye d’improviser. Par exemple, quand on rate le premier train de l’itinéraire 😀 Là, c’est le drame : sans wifi ni 4G, impossible de savoir si les trois correspondances fonctionneront toujours avec le train d’après. Voici toutes les lignes qu’on peut prendre pour arriver plus ou moins vite à Iga-Ueno :

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Une carte qu’on n’a eu qu’une fois sur place, bien sûr, sinon c’est pas drôle.

Pour compliquer l’affaire, il existe différents types de train : le local, qui s’arrête partout, le rapid et le special rapid, qui sautent certaines gares, et le limited express, le plus rapide, mais pour lequel il faut réserver une place à l’avance. Prenez un local au lieu d’un special rapid, et vous rajoutez une heure ou deux à votre temps de trajet !

Bref, notre sortie à Iga-Ueno commençait à ressembler furieusement à un plan loose – on passe la journée dans le train et on arrive quand tout est fermé – mais on s’est quand même aventuré sur les premiers tronçons de l’itinéraire d’origine.
Là, un contrôleur est venu à notre secours et, dans un anglais sommaire, nous a fait prendre une correspondance inédite, un peu à la dernière minute, et complètement à l’aveugle en ce qui nous concernait.

Nous sommes finalement arrivés à bon port et pas trop tard par rapport à l’horaire initialement prévu.
Autre élément de rattrapage du système japonais : la possibilité de voyager plus loin que ce pour quoi on a payé, et de régulariser à la sortie. Ça permet de sauter dans le train qu’on vous indique sans craindre d’amende.

Bref, après cette longue digression, passons au cœur du sujet :

Ils étaient vraiment trop forts ces ninjas

Le musée d’Iga Ueno décrit, objets d’époque à l’appui, toutes les compétences que maîtrisaient ces espions/assassins :  camouflage, escalade, poisons et médecine, maîtrise de la poudre, armes et outils multi-fonctions déguisés en outils de paysans ou en instruments de musique pour ne pas attirer l’attention…

Il y avait même des femmes ! Plus souvent employées en infiltration pour ouvrir les portes la nuit venue qu’en première ligne, mais il ne fallait pas trop leur marcher sur les pieds quand même.

Le musée est très bien fait, toutes les explications sont traduites en anglais.

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On visite aussi une maison, qui était autrefois un quartier général de ninjas, avec passages secrets, portes dérobées, cachettes… où tout était conçu pour mettre en difficulté les samouraïs et leurs grands sabres – les principaux adversaires des ninjas. Là, visite guidée en japonais, mais avec panneaux explicatifs en anglais et démonstrations explicites.

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La maison des ninjas.

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Et on enlève ses chaussures pour ne pas abîmer les tatamis, sinon les ninjas vous apprendront les bonnes manières.

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Combien de cachettes y-a-t-il dans cette pièce à votre avis ?

Le clou de la visite, c’est un petit spectacle animé par trois ninjas modernes, avec démonstration du maniement des armes (qui tranchent et qui plantent pour de vrai) et pas mal de gags qui se comprennent bien sans traduction. Il était en principe interdit de filmer, mais j’ai trouvé ça sur youtube (20 minutes) :

Le tout dans un parc très agréable, protégé par des douves et des murailles d’un fort beau gabarit. Une visite réussie au final !